L’EM Lyon, c’est une école assez sympa, avec des gens plutôt ouverts, une bonne installation, des associations encourageantes. MAIS : son campus est vachement loin du centre. Le pour et le contre dans un contexte de chaleur intense.
Ah, l’EM Lyon … le rêve pour les provinciaux, le cauchemar des parisiens !
Arrivé vers 18h à la gare de Lyon Perrache, je suis accueilli par une bande d’admisseurs qui ont installé un petit bureau dans l’accueil de la gare. Quelques têtes me disent quelque chose : je me retrouve avec deux autres personnes que j’avais rencontrées à l’ESCP, visiblement je ne suis pas le seul à faire ce genre de rencontres : les oraux, ça crée des liens ! ^^
La navette nous conduit à Ecully (localité ou se trouve l’EM) : pendant le trajet tout le monde semble comater. Faut dire que c’est assez loin du centre, et il nous faut une bonne vingtaine de minutes pour accéder à cette satanée école. Sur le trajet, je discute avec un gars que j’avais vu à l’ESCP et qui me dit qu’HEC lui avait paru nulle : le «Paradis des schtroumpfs», selon lui … Il était peut-être aigri, mais ça réconforte.
Arrivés sur place, on nous place en deux files : payer le resto pour la soirée et payer pour la résidence le soir. Un bon conseil à tous les admissibles : rédigez vos chèques chez vous, à l’avance, parce que sinon c’est vraiment galère et là, vous ferez gagner du temps à tout le monde. Deux chèque : un de 15 euros à l’ordre de «Résidences et loisirs» et un autre à l’ordre de 12 euros à l’ordre de «BDE ESC Lyon». Pensez-y, ça vous fait gagner du temps, ça leur fait gagner du temps, et comme ça vous serez bien plus vite logés.
En tous cas on n’a pas vraiment eu le temps de voir nos chambres. Les admisseurs partent illico presto avec les bagages, une moitié sait déjà où elle est logée (résidence le Galion) et l’autre moitié n’en a aucune espèce d’idée (résidence le Drakkar, mais on connait pas nos numéros de chambre ni l’endroit ou se trouvent les logements parce que l’accueil admissible se fait en face du Galion).
Soirée au resto !
Les admisseurs nous ont emmenés dans un resto alsacien (pourquoi pas un bouchon lyonnais ? Je ne comprends pas …) et on y est installés, l’ambiance est plutôt sympa. Mais le truc, c’est que la chaleur grimpe très vite … et qu’on est vite dans un four. En plus, les flammekueche (se prononce fla – meun – cu – cheu) mettent un temps fou à arriver. Et une fois arrivées, tout le monde est surpris, personne n’en a jamais vu : et moi aussi, du coup, parce que je pensais que c’était un truc universellement connu. Comme quoi, on peut être provincial et connaître des trucs : les parisiens faisaient moins les malins … petite défoulade des admisseurs sur ceux-ci – les parisiens se sont fait chambrer tout du long du séjour par ces derniers.
Sitôt le resto fini, on est séparés en deux groupes : ceux qui étaient au Drakkar et ceux qui étaient au Galion. Tout a été très bien organisé à ce niveau : dès notre arrivée, on nous donne nos bagages ainsi que nos draps en papier (assez confortable, mais je me suis servi de ma serviette de bain comme oreiller parce que j’avais pas assez de place dans mes valises : très mauvais plan car c’est pas assez gros du tout, apportez-en un vrai ça vous fera du bien). On arrive tout de suite dans nos chambres ou on découvre que c’est sympa, mais putain qu’est ce qu’il fait chaud ! Dodo ! Il est déjà 11h30 au bas mot, et c’est réveil à 6h15 le lendemain, donc il faut profiter un brin du peu de sommeil qui nous est accordé.
6h15
Branle-bas de combat ! Tout le monde est réveillé par les admisseurs qui viennent s’assurer qu’on arrivera à temps. On enfile vite fait un costume après s’être rafraîchi un peu le corps et hydraté un p’tit peu. Tout le monde arrive avec un air reposé mais pas vraiment encore de dynamisme sur le point de rendez-vous : quelques personnes qui se connaissent commence alors à se parler. Ça reste quand même très minoritaire : la majorité des admissibles regarde ses pieds. Tout le monde n’a pas eu la chance de croiser quelqu’un de sa prépa – perso j’en ai vu 4, j’ai eu du bol.
Le BDE nous emmène alors à l’EM. Petite déception : le campus ne m’a pas l’air fantastique, et surtout, vu qu’il est installé dans les collines de l’ouest de Lyon, il est plein d’escaliers. On nous fait signer des registres, ranger nos bagages et on prend un petit déjeuner sur la terrasse (très sympa) de l’EM qui surplombe les alentours. Tout à fait confortable, détendant et surtout réconfortant quant à la qualité des locaux. Jusque-là je trouvais ça bof, mais finalement, ça semble se tasser.
7h30
Présentation de l’école par le directeur dans un amphi de grande taille, bien équipé (vidéoprojecteur au plafond, commandé par l’ordinateur du bureau du mandarin et qui projette sur grand écran). Le gars ne nous a parlé ***QUE*** des oraux. Du coup on n’était vraiment pas plus avancés. Il nous a juste lâché un petit «choisissez l’école non pas en fonction des classements, mais en fonctions de vos goûts personnels» … Je commence à en avoir ma claque de l’entendre celle-là. Le mec de l’ESC Troyes nous avait fait la même quand il était venu nous parler de son école à Clem’ – je précise qu’on y était allés parce qu’il faisait un speech sur les entretiens avant … dites donc, y’aurait pas des liens entre Troyes et Lyon ?
8h
Consultation des listes des horaires de passage. Je passe à 8h30. Cool.
Le BDE poursuit la conférence et nous passe un petit film sur l’école, comment c’est cool et tout et tout. Leur film est plutôt marrant, bien qu’il ne parle pas tant que ça de l’école et plutôt des soirées – je commence à en avoir marre d’entrendre parler des soirées en école, on s’en fout, on sait bien qu’il y en aura plein …
Petit détail attristant toutefois : contrairement à Audencia qui fait des soirées toutes les semaines, l’EM en fait toutes les deux semaines. Damned.
8h30
Passage en entretien. On attend dans une salle assez sympa, avec des journaux à disposition. On vient nous chercher. Choix entre deux sujets : citation ou thème général. J’ai le choix entre une citation de Simone de Beauvoir sexiste à souhait : «seul le travail permet à la femme de s’échapper de la tyrannie du mâle» (ça m’a étonné un peu, elle est plus raisonnable d’habitude) et un sujet plutôt sympa qui était «le désenchantement vis-à-vis du monde politique». Militant moi-même, j’ai bien évidemment choisi le second.
Le jury est gentil, mais il ne m’a parlé QUE d’entreprise. Tout le temps : si vous étiez manager, si vous étiez dans telle situation, ceci, cela … tout le temps. C’est lourd mais bon, ça se tasse, le contact est bon. Ils semblent toujours aller chercher les petites incohérences : il faut toujours savoir faire face à ça, mais reconnaître certaines faiblesses à mon sens ne devrait pas trop faire de mal. On verra bien.
J’ai rien à glander avant la bouffe. Du coup je me suis balladé, j’ai parlé avec le BDE, avec d’autres élèves, joué à Street Fighter sur une bonne vieille SNES … finalement j’ai fini avec une jolie admissible (pas de photo désolé, mon appareil est HS) sur la terrasse et on a bu un jus de pamplemousse pour oublier qu’elle avait foiré son entretien – enfin c’est ce qu’elle a dit … on ne sait jamais vraiment. Occasion excellente pour parler avec plein de monde, ça, la terrasse ! On rencontre des gens qui sortent de L, de D2 … enfin bon, pas forcément le cursus bête et méchant ECS/ECE ^^.
On va manger au RU de Centrale : un RU tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Tout est parfaitement normal et même banal, mais bon, que voulez-vous …
Retour à l’école : à 13h sont affichés les passages de l’après-midi. Du coup je me retrouve aussi sec à passer l’Italien : je fouille tout l’étage pour trouver la salle. Rien à faire. Je retourne jeter un oeil sur la convocation : étage d’en-dessous, l’Italien est dans une salle spéciale située à part. Laaaaa bonne blague !
13h30
Passage en Italien sur un texte tout ce qu’il y a de plus banal sur le luxe en Italie. La fille m’a testé sur pas mal de mots de vocabulaire histoire de voir si j’arrivais à me tirer d’affaire en déballant les termes techniques. Mais après cette formalité remplie, on s’est tout de suite mis à parler d’autre choses, du genre cursus scolaire … Elle m’a même dit : «spero che sarai preso alla Bocconi un giorno» (j’espère que tu seras admis à l’université Bocconi un jour). Enfin bon, ça dérive beaucoup.
Gros glandage, je passe l’Anglais à 15h50. Je vais parler à plein de gens, certains que je connais, d’autres non, et puis je vais finalement dans une présentation en amphi des assoces en école. On nous présente les grosses assoces de l’EML : le Petit Paumé, livret de référence sur la ville ; le raid Hannibal, un événement sportif de traversée des pyrénées en canoë, en vélo, à la course, etc ; et L2M, l’assoce cinéma, qui réalise tous les films. Visiblement, leurs associations ont de bons budgets, et semblent prendre une grosse place dans la vie de l’école.
On a aussi droit de voir une admisseuse défoncer une admissible qui lui parle que de l’étranger, en lui disant que la plupart des prépas voulaient absolument partir, alors que finalement c’est absolument pas cohérent -ni même utile- dans la plupart des programmes. Enfin bon … elle était convaincante, je suis presque d’accord avec elle maintenant ^^
[EDIT : mais j'ai aujourd'hui changé d'avis, hé hé ...]
15h50
OUF. On a fini par y arriver : passage en Anglais sur un texte bateau sur les nouveaux questionnaires imposés aux immigrants en Grande Bretagne. Le mec était en fin de journée, super-sympa. RSM va badder, l’examinateur n’a fait que de me poser des questions sur le Québec. Comme quoi, c’est marrant de leur placer des truc du genre.
Fin des oraux, j’embarque dans la navette de 17h30, puis je retourne à Nantes … Moralité : l’EM Lyon c’est sympa, mais il faut avoir quand même envie de se placer dans un monde véritablement à part : la distance avec le centre-ville de Lyon, les associations qui sont très chronophages, les soirées souvent organisées entre gens de l’EM et les logements sur place encouragent donc l’intégré moyen à vivre davantage dans son coin. C’est quand même dommage que le campus soit si isolé : mais bon, que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir …
